Le mur d’enceinte qui longe la Maison d’Art Bernard Anthonioz ne laisse rien deviner de ce qui se passe au-delà.

Partant de ce constat, Danièle Gibrat a envisagé un projet spécifique pour le lieu qui «ouvre» sur le parc et donne à voir ce qui est habituellement caché.
L’artiste a ainsi multiplié les points de vue en résonance avec ce paysage secret. Dans les oeuvres de Danièle Gibrat, il est souvent question d’une frontière,

celle qui existe entre dessin et photographie.
Frontière floue et fluctuante car ces deux médiums sont dans l’ambivalence,
un pied dans le réel et l’autre dans la fiction.
C’est sur ce fil, qui à la fois les sépare et les réunit,
que se tient, depuis plusieurs années le travail de l’artiste.
Utilisant comme surface d’accrochage, le mur mais également les trois grilles
qui interrompent le déroulé monotone de l’enceinte,
Danièle Gibrat a produit un ensemble inédit d’oeuvres.
Ainsi, se retrouvent sur les grilles, l’expérience cinétique de grands dessins,
comme un clin d’œil aux clichés-verre de Corot;
et sur le mur lui-même, là où d’ordinaire le regard du passant bute, une succession de tirages, des collages mêlant photos et dessins.
Avec la volonté de rendre tangibles

les conditions de l’apparition des images

et de montrer qu’imaginaire et subjectivité habitent notre vision,
l’Archipel du funambule esquisse de possibles interprétations
d’un paysage le plus souvent ignoré du promeneur.
En évoquant ce qui se trouve au-delà,

le projet trace une sorte de géographie sentimentale,

celle d’un archipel imaginaire.   

 

Danièle Gibrat  (2014)

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The surrounding wall that runs along  the Maison d’Art Bernard Anthonioz leaves no clue as to what happens beyond its border.

Based on this observation,

Danièle Gibrat has envisaged a specific project for the place that “opens” onto the park and shows what is usually hidden.

The artist has thus multiplied the points of view

in resonance with this secret landscape. In the work of Danièle Gibrat, it is often a question of a frontier,

that which exists between drawing and photography.

A frontier at once fluid and fluctuating as these two mediums are in ambivalence:

both have one foot in reality and the other in fiction.

 It is along this thread , which at  once separates and unites them,

that for several several years the work of the artist follows.

On the wall but also using the three metal grilles

which interrupt the  monotonous unfolding of the enclosure,

the artist has produced a unique set of works.

Thus, on the bars of the grilles,

the kinetic experience of large drawings,

like a wink to  Corot’s “clichés verre”;

and on the wall itself, particularly vis a vis of each crosswalk,

where the gaze of the passing-by naturally falls,

a series of prints, collages combining photo and drawing.

With the desire to make tangible

the conditions of the emergence of images,

and to show that the imaginary and the subjective inhabit our vision,

L’archipel du funambule shows multiple interpretations

of this unknown landscape.

Evoking what is  beyond,

the project draws a kind of sentimental geography:

that of an imaginary archipelago.

 

Danièle Gibrat  (2014)     

Translated by Rebecca Reilly